Entreprise-Europe-Sud-Ouest

Les entreprises de la région ne manquent pas de dynamisme et savent adapter leur savoir-faire aux techniques les plus innovantes. Ce sont de petites et moyennes entreprises, pour beaucoup sous-traitantes de grands groupes et de ce fait dépendantes de la bonne santé financière de leurs donneurs d'ordre.
Certaines n'hésitent plus à se tourner vers le marché européen. Des structures existent, faites pour les aider dans leurs démarches.
À la Chambre Régionale de Commerce de Poitiers, un service leur est dédié, placé sous la responsabilité de Stéphanie Vincent, assistée de Maria Voronetskaja.




Article paru en mars 2009

Elles sont les clés de l'Europe


Il est bien révolu, le temps où l'on pouvait se contenter de son marché local pour faire prospérer son entreprise. Aujourd'hui, il est souvent nécessaire de travailler avec l'étranger tant dans son approvisionnement en matières premières qu'en débouchés pour la vente de ses productions.
La crise financière qui touche la planète depuis un an n'affecte pas seulement les grands groupes, elle touche également, par le biais de la sous-traitance les petites et moyennes entreprises.
Après avoir délocalisé à tout va, l'on s'aperçoit que cette délocalisation a un effet pervers : la réimportation des produits finis qui grève la balance commerciale extérieure. Ce qui fait dire benoîtement au premier ministre que « favoriser la relance par le pouvoir d'achat n'est pas une bonne chose, car les consommateurs achètent des produits d'origine asiatique et n'aident pas les entreprises françaises ». Il est bien gentil François Fillon, mais si les entreprises avaient continué à produire en France, les consommateurs nationaux achèteraient français et non asiatique ! L'ennui c'est que les grands actionnaires de ces entreprises pensent profits à court terme et se préoccupent peu des balances commerciales des États.
Nos entreprises locales et régionales n'ont majoritairement pas ce genre de souci puisqu'elles ne sont que 2 % à exporter. Le Poitou-Charente se classe 19e sur 22 au niveau des exportations, principalement en direction des USA, de l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni.
C'est naturellement le cognac et ses dérivés qui constituent largement le principal atout, avec 28,2 % des exportations ; l'industrie électrique représente à peine plus de 10 %, l'équipement automobile, la construction navale compte chacune pour à peine plus de 3 %.
On sait les chefs d'entreprises français peu enclins à se placer sur les marchés étrangers, mais peu à peu de jeunes entrepreneurs s'ouvrent aux échanges internationaux et s'ils souhaitent travailler avec d'autres pays c'est bien pour exporter leurs productions.
Ce qui les intéresse avant tout, c'est de connaître les possibilités qui leur sont offertes dans chaque pays de vendre. Pourquoi s'installer dans un pays européen si son marché est déjà saturé, même si les conditions d'accueil sont attrayantes ? Comment savoir quelle est la région la plus favorable à son activité ?
Existe-t-il d'autres entreprises du même secteur d'activité capable de fabriquer sur place mes produits sous licence ?
Puis-je créer une unité de production ?
Quelle est la réglementation en vigueur et comment m'y adapter ?
Quelles sont les aides possibles ?
Répondre au mieux à toutes ces questions et à bien d'autres, telle est la vocation de « Network Enterprise Europe, Sud-Ouest France », un organisme spécialisé de la CRCI de Poitiers.
europe-sud-ouest.fr

Un service Interrégional


Dirigé par Stéphanie Vincent il permet aux entreprises régionales intéressées de mieux aborder les spécificités des relations économiques avec l'étranger. A 37 ans, la responsable du service Europe a déjà une longue expérience de ce genre de relations. Après 10 années passées à Bruxelles, entre autres parmi le corps des lobbyistes pour des régions européennes en restructuration comme les Lands est-allemands ; avoir mis en place un bureau Provence-Alpes-Côte d'Azur, Stéphanie Vincent est arrivée en 2006 à Poitiers, pour créer « NEESOF ». La structure ainsi mise en place est à compétence interrégionale puisque son aire d'influence concerne également le Limousin, l'Aquitaine et Midi-Pyrénées avec lesquels sont menées en commun un certain nombre d'actions.
Pour l'assister dans sa tâche, Stéphanie Vincent peut s'appuyer sur les compétences linguistiques et la grande connaissance des pays d'Europe de l'Est, de Maria Voronetskaja.
Estonienne, âgée de 25 ans, Maria est chargée de mission Europe à Poitiers depuis avril 2008.
Des études à Bordeaux où elle passe une licence en « Administration économique et sociale », un mastère en Droit international et mastère 2 en Ingenierie politique européen, elle intègre l'espace « Aquitaine internationale » et « Euro-infocentre » à Bordeaux, avant de rejoindre le service Europe de la CRCI de Poitiers.
Ce sont donc bien deux vraies spécialistes des relations internationales pour les entreprises, bénéficiant de relais au sein des instances de l'Union Européenne qui oeuvrent à aider les entrepreneurs régionaux dans leurs démarches.

Un site Internet dédié


La bonne information ne se conçoit plus sans un site Internet performant. Network enterprise Europe constitue en fait un ensemble constitué par la mise en commun des informations issues des différentes antennes régionales existantes. Le site permet donc de retrouver des informations générales sur les dernières directives européennes en matière économique et industrielle comme celle-ci, concernant les nouvelles normes de bateaux de plaisance et réglementant les installations électriques, la prévention des chutes d'hommes à la mer et leur remontée à bord, les réchauds de cuisine ou la plaque du constructeur entre autres.
Le site recense également les infos spécifiques sur les réglementations françaises, les journées d'informations, les foires et salons ou les entreprises à reprendre, les financements, partenariats, le lobbying européen, etc.
L'outil constitue en quelque sorte le couteau suisse de l'entreprise souhaitant travailler avec l'Europe. Car si la conjoncture semble délicate sur le plan économique, la solution n'est pas dans le repli sur soi. C'est bien par la mise en commun des moyens européens que les entreprises pourront amortir le choc financier.
Face aux grandes entreprises multinationales qui profitent de la crise pour aggraver la situation de l'emploi en licenciant afin de préserver les gains de leurs grands actionnaires et en sacrifiant sans vergogne leurs sous-traitants, ce n'est qu'en travaillant ensemble dans un réseau commun que les PME-PMI européennes pourront s'en sortir au moindre mal.
Les « plans de relance » individualisés des pays européens ne suffiront pas seuls, tous les observateurs le disent. La seule solution étant d'oeuvrer en commun. Mais face à des économies nationales tenues par les grands financiers, les rodomontades sarkoziennes, l'isolationnisme de Merkel ou l'inféodation aux volontés américaines de Brown ne pèsent pas lourd. Quant à Obama, il est clair que l'intérêt des USA prime à ses yeux sur les relations, si bonnes soient-elles, avec les partenaires Européens ou Asiatiques.
La connaissance des réseaux internationaux est un atout non négligeable que les entreprises en volonté de développement dynamique ne peuvent négliger.
P. F
Site : http//:www.enterprise-europe-sud-ouest.fr

Stephanie Vincent

Maria Voronetskaja


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